Le XXIème siècle a vu une augmentation incroyable de fake news. La propagation de rumeurs et fausses informations n’est pas nouvelle. On retrouve des traces dès 1810 avec le code pénal réprimant les spéculateurs  qui, par des « bruits faux et calomnieux répandus à dessein dans le public », avaient opéré la hausse ou la baisse des prix des marchandises.

Aujourd’hui, le problème ne fait que s’accentuer de part la vitesse de diffusion et du nombre de personnes touchées par ces fake news d’autre part. Le numérique permet de transporter cette information à l’autre bout du monde en un clic et les réseaux sociaux permettent la diffusion à des milliers de personnes en quelques secondes. Tous les sujets y passent et chacun de nous est/sera même concerné par une fake new au cours de son existence, sans le savoir forcément, même si cela peut prendre d’autres noms comme “ragots”…

Des personnes et des mouvements sociaux y ont trouvé là-dedans un certains intérêt. Un des sujets du moment est la loi Blanquer, loi “pour une école de la confiance” (texte et amendements ici). Un peu partout ont fleuri sur les grilles des écoles des banderoles aux slogans les plus terribles les uns que les autres : “Mort des petites écoles”, “Ecoles en danger”, “professeurs remplacés par des étudiants non formés”… Cette loi a pourtant déjà été votée le 19 février à l’Assemblée nationale avant la prochaine étape et il est déjà intéressant de se questionner sur le temps de réaction des syndicats.

Pourquoi le mouvement contestataire est-il aussi tardif et qu’en est-il réellement sur la véracité des informations transmises par ces syndicats ?

 

Alors que le nombre de syndicats enseignants est considérable, avec presque cent ans d’existence pour certains, des relations et des entrées dans tous les partis politiques et dans le gouvernement, ayant toujours un coup d’avance, il est très étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait réagi avant l’adoption de la loi. Est-ce une tactique syndicaliste ? On peut franchement se poser la question. On peut également se demander si certains articles de cette loi ne sont pas la conséquence directe de l’attitude de ces syndicats depuis de nombreuses années.

Prenons l’exemple suivant : le texte ouvre la possibilité de créer des « établissements publics locaux d’enseignement de savoirs fondamentaux » (EPSF) afin « de permettre le regroupement d’écoles avec un collège » au sein « d’un même bassin de vie ». A la tête, « un chef d’établissement qui exerce simultanément les compétences attribuées au directeur d’école […] et les compétences attribuées au chef d’établissement ». A ses côtés, « un ou plusieurs chefs d’établissement adjoints, dont un au moins est chargé des classes du premier degré, exercent aux côtés du chef d’établissement ». Face à ce projet, et cet article particulièrement, les syndicats crient au scandale et à la mort des Directeurs. Cela n’est absolument pas le cas. Mais imaginons un instant que cela le soit. Cela serait malheureusement un retour de bâton tout à fait normal ! Après tout, tous les syndicats font un esclandre depuis des années devant ce qui serait une certaine surcharge des Directeurs ! Trop d’administratifs, trop d’enquêtes, trop de dossiers ! Un appel à la grève administrative  avait même était lancé dans les années 2000 et cette surcharge de travail est un point de contestation toujours utilisé à ce jour par les syndicats. Si la loi Blanquer et les EPSF existaient, si les écoles et les collectivités territoriales le souhaitaient (car la décision est ascendante – cela fait beaucoup de suppositions), cela ne serait-il pas une solution à la demande des syndicats que de diminuer la charge de travail des Directeurs ? Difficile de comprendre alors pourquoi ils crient au scandale puisqu’une réponse efficace est toute trouvée avec en prime un rapprochement pédagogique école/collège accentué et qui serait forcément bénéfique pour les élèves grâce à une meilleure liaison CM2/6ème dans les projets. On peut même se demander si la réaction tardive des syndicats face à ce texte n’est pas dû à leur prise de conscience d’une certaine réponse envers leur requête… mais, à notre tour, ne lançons pas de fake new ! Et surtout revenons à la réalité  car, encore une fois, ce n’est pas absolument pas ce que propose le texte de loi.

Parmi les revendications syndicalistes, il y en a une qui semble l’exemple parfait de la fake new, toujours en lien avec l’article de loi cité plus haut : la disparition des écoles rurales voire des écoles publiques. A aucun moment n’est sous-entendu une quelconque disparition ! Le regroupement est là aussi uniquement envisagé que par la création de ce “super” directeur dont le bureau se situerait au collège et qui gèrerait donc la partie administrative des écoles du secteur. Là, également, l’interprétation de cette loi ne fait qu’alimenter et qu’augmenter la colère des enseignants et des parents. Autre fake news : la disparition des maternelles, au profit des crèches ou du privé et le remplacement des enseignants par des étudiants non formés. Là encore, aucun article de loi sur ces sujets.

 

A travers ces exemples surgit la tactique des syndicats pour créer la panique. Le pire est que ces mouvements sont si puissants que cela fonctionne ! Si le syndicalisme est nécessaire à un certain équilibre social et à une certaine prévention salariale, la tendance est malheureusement à l’exagération et à l’utilisation de procédés presque “malhonnêtes” pour déformer la réalité, comme les fake news. Face à ces abus, seul l’esprit critique de chacun peut rétablir la réalité, la vérité, en lisant soi-même les lois et en se faisant sa propre opinion. La loi Blanquer en est un merveilleux exemple.

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