Le titre est provocateur mais la réflexion est bien réelle. A Marseille, le nombre de bateaux de croisière qui accostent n’a cessé de croître d’années en années. Environ 450 bateaux débarquent annuellement dans la cité phocéenne ! Évidemment, l’acceptation de ces navires dans les ports est en lien direct avec le développement de l’économie locale. Mais ce n’est pas sans contrepartie !

L’association France Nature Environnement (FNE) et certains habitants de Marseille ont lancé un cri d’alerte l’année dernière, après la multiplication des jours de pollution de l’air. Et pour cause !

Les paquebots utilisent un carburant qui dégage 3500 fois plus de particules fines que le diesel des véhicules. Lorsque l’on connait la consommation en fuel de ces géants des mers, c’est inquiétant ! « Un gros paquebot pollue autant qu’un million de voitures, en termes d’émissions de particules fines et de dioxyde d’azote », expliquait alors Michel Bromel de la FNE.

Charlotte Lepitre s’occupe des questions de santé à l’association et selon elle, « La concentration en soufre dans le carburant utilisé par les transports maritimes est la cause majeure de la pollution que l’on peut observer » .

Et au Lavandou ?

Il n’est pas question ici d’affoler la population. Dans notre petite cité, nous sommes loin des 450 bateaux ou encore des 53 qui accostent à Bordeaux (autre ville qui a lancé une enquête à la pollution).

Mais tout de même… Rarissime, exceptionnel il y a quelques années, la vision des bateaux de croisière est désormais habituelle dans le paysage lavandourain. L’accord passé avec certains croisiéristes permet – actuellement – à une dizaine de bateaux de venir amarrer à quelques dizaines de mètres de la digue du port, pour une journée. Certes, ce sont des bateaux accueillant de 400 à 600 personnes environ, contre 4000 pour ceux de Marseille. Mais, forcément, la pollution – toute proportion gardée avec Marseille – s’installe tout de même !

Alors, le jeu en vaut-il la chandelle ? Sans connaître très exactement les retombées économiques de cet accueil temporaire, un calcul rapide basé sur les chiffres dévoilés par l’équipage d’un bateau de croisière permet de dire que, approximativement, 200 personnes en moyenne accostent pour une dépense, par touriste, d’à peu près 80 euros. Soit 16000 euros. Quand on sait que plusieurs dizaines de milliers de touristes viennent sur les côtes lavandouraines entre juillet et août, avons-nous besoin de ce type d’économie qui est totalement en contradiction avec les attentes de la population : “laisser une planète propre aux générations futures” ?

Lors du dernier conseil municipal, un long débat a tourné autour du coffre d’amarrage envisagé d’ici peu au Lavandou. Une pétition en ligne a d’ailleurs été lancée par Jean-Laurent Félizia. Cette dernière est clairement mal imagée et on peut la juger mal argumentée. En effet, la pose d’un coffre d’amarrage n’est pas le sujet. Comme l’a précisé M. Le Maire, ce coffre respecte les normes environnementales et l’accord du Préfet maritime ne fait aucun doute. Mais fermer les yeux en avançant cet argument est une erreur. Ce qui pose problème et qui doit faire débat est la venue de ces bateaux au Lavandou ainsi que l’objectif visé ! Si la présence des croisiéristes a pour but de donner du Lavandou une image prestigieuse, nous sommes sans aucun doute en contradiction avec le fameux 31 juillet qui est tout, sauf prestigieux ! La priorité est donc mal ciblée. Commençons par une réflexion sur la mise en place de manifestations prestigieuses pour montrer au reste de la planète que Le Lavandou existe plutôt que miser sur les 200 personnes qui quittent le bateau pour déambuler dans les ruelles du Lavandou… et surtout de Bormes* !

NDLR : la première partie du titre est reprise de l’article paru sur le www.Le monde.fr 24/11/2017 : https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/24/marseille-asphyxiee-par-les-bateaux-de-croisiere_5219529_3244.html

* Les touristes qui débarquent sont déposés en majorité dans le village de Bormes.

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin